Comment bien communiquer sur ses actions de contribution carbone ?

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Anastasia Broda

Responsable Marketing et communication

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Communiquer correctement sur ses actions de contribution carbone est une recommandation de l’ADEME, et même une sérieuse recommandation.

Carbone Farmers se base sur son rapport de 2022, Utilisation de l’argument de « neutralité carbone » dans les communications, pour vous donner quelques clés pour communiquer sur vos actions en faveur de la neutralité carbone globale, sans tomber dans l’écueil du greenwashing.

Notamment, cet article s’adresse en particulier aux entreprises qui souhaitent mettre en avant leurs achats de crédits carbone à des fins de contribution climatique.

La neutralité carbone n’a de sens qu’à l’échelle globale

Tout d’abord, revenons sur la notion de neutralité carbone : il faut que la somme des émissions de gaz à effet de serre, ou GES (en CO₂e) moins la somme de CO₂e séquestré soit égale à 0, i.e. émissions de CO2e – CO2e séquestré = 0.

Or, selon l’ADEME, l’objectif de neutralité carbone, à savoir l’équilibre entre les émissions et les séquestrations anthropiques de GES, n’a vraiment de sens qu’à l’échelle planétaire. ⚠️ Donc, prenez garde aux formulations abusives : une collectivité, une entreprise et plus largement un acteur économique ne peuvent pas être « neutres en carbone ». Cela pourrait laisser croire que le territoire, l’activité ou le produit n’a plus aucun impact en termes de gaz à effet de serre (ce qui est très souvent faux, voire impossible).

En bref, l’emploi abusif du terme “neutralité carbone’’ suggère qu’il est possible de lutter efficacement contre le changement climatique avec seulement de la contribution/compensation, sans des efforts réels de réduction des émissions et sans changement des comportements individuels.

Pour qu’une action de compensation carbone d’une entreprise ne soit pas du greenwashing

Un second terme peut porter à confusion : la compensation carbone. Elle peut laisser penser qu’une action de compensation permet d’annuler les émissions relâchées par ailleurs, ce qui déresponsabilise celui qui y a recours.

L’ADEME soutient toutefois le principe de compensation volontaire, mais en y ajoutant quelques principes :

  • Communiquer de manière responsable
  • Faire et rendre public son bilan des émissions, réductions et compensations de GES
  • Choisir des projets de compensation labellisés
  • Privilégier des projets qui prennent en compte les impacts environnemental, social et économique
  • Soutenir à la fois des projets sur le sol national et à l’international.

Qu’est-ce que cela signifie, communiquer de manière responsable son achat de crédits carbone ?

Contribution carbone et crédit de compensation, une communication différenciée

Pour rappel, les crédits carbone achetés par votre entreprise doivent être déclarés séparément de votre bilan carbone. Selon vos objectifs et donc l’usage final de ces crédits carbone, à savoir la compensation ou la contribution, vous devez adopter une posture de communication différente.

Le SBTi FLAG et le GHG protocol, référentiels internationaux qui encadrent la comptabilité carbone, préconisent deux approches :

  • Pour de la contribution : communication sur la contribution financière apportée, en €. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’éviter le double compte.
  • Pour de la compensation : communication sur la tonne de CO2e économisée ou séquestrée. Dans ce cas, les crédits carbone doivent quantifier une réduction ou une séquestration uniques. Ils ne doivent être comptabilisés qu’une seule fois.

Les bonnes pratiques générales pour communiquer sur votre engagement climatique

Plusieurs bonnes pratiques de communication sont mises en exergue par l’ADEME. Elles concernent tout type de projet soutenu à des fins d’atténuation du changement climatique :

1️⃣ D’abord, il s’agit de construire un narratif sur l’histoire des projets soutenus, et non sur le financement de l’entreprise et la quantité de CO₂ évitée/séquestrée. La communication doit être centrée sur le projet, non sur l’entreprise qui le finance.

2️⃣ Ensuite, il faut accompagner les allégations de preuves crédibles et utiles à la compréhension :

  • Méthodologies de calcul
  • Résultats du bilan de gaz à effet de serre
  • Stratégie de réduction de l’entreprise
  • Informations sur les projets de séquestration financés
  • Labellisation & cadre éventuels

3️⃣ Enfin, il faut faire attention à bannir les raccourcis du type “territoire/entreprise zéro carbone”, “produit neutre en carbone”, “empreinte carbone nulle” pour préférer des termes plus précis, étayés par des preuves. Et préférer des formulations comme : “Entreprise engagée pour la neutralité carbone globale / dans une démarche de neutralité carbone”.

Les bonnes pratiques pour la compensation carbone et quelques exemples de communication réussie

Quand il s’agit de crédits de compensation, essayez de toujours associer l’annonce de la compensation à une communication sur les efforts de réduction accomplis au sein de votre chaîne de valeur, pour bien insister sur le fait que les crédits carbone restent un complément.

Voici quelques exemples de communication responsable :

  • “Grâce à tel et tel efforts, nous avons réduit nos émissions de GES de X% en X années. Pour aller plus loin dans notre engagement pour l’environnement, nous avons décidé d’agir pour l’agriculture régénératrice en soutenant des puits de carbone agricoles certifiés Label bas carbone, ce qui représente X t de CO₂e séquestrées.”
  • “En plus d’avoir réduit de X% nos propres émissions de GES cette année, nous avons financé un projet qui a contribué à la séquestration de X t de CO₂e [lien vers le descriptif du projet, etc.].”

Les bonnes pratiques pour la contribution carbone et quelques exemples de communication réussie

Pour l’ADEME, dans le cadre de la contribution, il est préférable de communiquer sur les sommes investies, à la fois :

  • le coût de la tonne de CO₂ du projet
  • les sommes investies comparées au chiffre d’affaires de l’organisation (en % du CA par ex.)

Quand il s’agit de contribution pure, il est nécessaire que votre entreprise emploie une formulation qui ne laisse pas croire qu’il s’agit de compensation : “réductions ou séquestration financées”, “atténuation financée des GES”, etc. Voici quelques bons exemples de formulations :

  • “Cette année, notre entreprise a financé X projets de séquestration et de réduction des émissions de GES, ayant obtenu le Label bas carbone, dans [préciser les régions], ce qui représente un montant de X €. ”
  • “Depuis X années, nous soutenons financièrement, à hauteur de X €/an, (si pertinent) le projet [nom] labellisé [label] qui contribue à la résilience de [région] face au changement climatique.”
  • “Nous avons acheté X crédits carbone pour soutenir des projets labellisés et contribuer ainsi à l’objectif planétaire de neutralité.”

Les bonnes pratiques pour décrire ses objectifs climatiques et valoriser ses efforts de réduction d’émissions de GES

  • À l’échelle de votre entreprise : “Notre entreprise s’est engagée à réduire de X % ses émissions directes d’ici 2030 et de Y % d’ici 2035 (par rapport à année n…). Ces objectifs de réduction sont compatibles avec la science et l’objectif mondial de maintenir la température à +1,5°C.”
  • À l’échelle d’un produit : “L’empreinte carbone associée à la conception et à la fabrication de notre produit a été réduite de X% en X ans. Pour en savoir + : www…”

Que préconise Carbone Farmers aux entreprises qui souhaitent mettre en avant leur engagement climatique ?

Carbone Farmers certifie et vend des crédits carbone générés sur des projets agricoles français, labellisés Label bas carbone.

Tous nos crédits sont tracés et vous donnent accès à un certain nombre d’informations utiles à votre communication : zone géographique, localisation des exploitations, tonnes de CO₂e économisées ou séquestrées, nombre d’exploitations en transition, surface de sols agricoles régénérés, orientations technico-économiques des exploitations concernées, leviers principaux mis en place, etc. Des visites sur le terrain sont aussi possibles, pour rencontrer les agriculteurs et agricultrices soutenus.

En bref, ce que vous pouvez retenir de cet article pour votre communication, sont les points suivants. La principale différence entre crédits de compensation et de contribution se situe au niveau de leur usage, et donc de la manière dont vous les communiquez :

  • Crédit de compensation : communiquez sur les tonnes de CO₂e économisées ou séquestrées. Associez l’achat de crédits de compensation à vos propres objectifs de réductions d’émissions. Il ne faut pas oublier que le crédit carbone reste un complément.
  • Crédit de contribution : communiquez sur la contribution financière apportée à tel ou tel projet d’atténuation climatique, soit le montant des crédits carbone achetés. Cela peut être :
    • Coût de la tonne de CO₂ du projet
    • Sommes investies au regard du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Si vous souhaitez soutenir des projets de transition agricole et savoir comment communiquer sur votre engagement sans risque de greenwashing, discutez avec nos experts carbone & climat !

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